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Systémie, palliatifs et confinement

Photo du rédacteur: bruna vanninabruna vannina

Dernière mise à jour : 2 avr. 2020

Comme je vous l'ai dis par ailleurs, je suis infirmière de formation.

Pendant une dizaine d'année j'ai observé de l'intérieur le système de soins se dégrader.

Je me souviens de l'apparition de la tarification à l'activité en 2007. Année à laquelle j'étais diplômée et commençais à exercer.


A cette époque, nous commencions à demander aux médecins de faire de la gestion d'entreprise avec la santé.

Alors qu'avant cette réforme, les établissements de santé se voyaient attribuer un budget global annuel, distribué équitablement entre tous les services, nous allions passer à un système de soins qui distribuerait les enveloppes, selon ce que rapportaient les différents services à l’hôpital.


Comprenez: réduction des temps d'hospitalisation pour accueillir plus de monde, augmentation des actes en ambulatoire, diminution des dotations en médicaments et en matériel par service, réduction du personnel, moins de dépenses, plus de bénéfices.

Soyez performants, faites rentrer de l'argent dans les caisses et la santé sera bien garder.


Aujourd'hui, treize ans plus tard, nous voyons tous le résultat.


Des hôpitaux en sous effectifs, un personnel épuisé et débordé par la vague qui les touche actuellement, un nombre de lits insuffisants pour le nombre d'habitants.

Un système de santé à bout de souffle qui n'a cessé de puiser dans ses ressources humaines pour tenir le coup.


En parallèle à ces réformes, pour le moins inhumaines, les progrès scientifiques ont forcé les médecins à devenir de véritable machine à apprentissages techniques, de manipulations de molécules chimiques en tout genre.

Un médecin n'est pas recruté sur ses qualités humaines, ni sur son empathie mais bien sur sa capacité à entrer en compétition avec ses pairs, et ce, dès la première année qui s'obtient par concours, numerus clausus oblige.

Nous avons évidemment trop de médecins en France, tout les monde s'en rend compte aujourd'hui!

Les infirmières, elles, étaient prévenues, au passage du concours, pas question de parler de vocation.

Un critère qui pouvait se révéler discriminatoire.

Ne pas faire de vagues, avant tout.

Se plier aux règles imposées par les costards enfermés dans leurs petits bureaux.


Le lobbying pharmaceutique a su tirer son épingle du jeu en trouvant une molécule à chaque symptômes. J'ai assisté, pendant mes années d'études a de nombreuses visites de commerciaux de ces labos qui proposaient à l'époque aux médecins de refaire leur bureau ou de les équiper de tel ou tel matériel en échange de la prescription de leurs molécules miracles.

Avant même d'être diplômée, j'étais déjà écœurée du système dans lequel je devrais évoluer.

Heureusement, ces pratiques sont interdites aujourd'hui, même si les labos trouvent d'autres moyens de proposer d'autres avantages en nature pour obtenir l'adhésion des médecins à leur molécule plutôt qu'une autre.


Le patient, pendant ce temps était toujours plus mis à l'écart, déresponsabilisé, diminué face aux sachant.

Alors que la loi exigeait le consentement éclairée, nous n'éclairions plus que quelques symptômes au détriment de l'humain dans sa globalité.

La médecine ne se soucie plus du contexte.

Elle est devenue exclusivement palliative.

Nous traitons des symptômes, des défaillances qui surviennent dans des contextes que nos soignants débordés n'ont plus le temps d'évaluer, d'étudier, de tenter de réguler.

Et le patient, nourri à coup de pesticides d'OGM et de BFM TV, continuait de s'en remettre aux sachant.


Le milieu de la santé n'étaient alors pas le seul touché par la fièvre néo-libéraliste qui s'emparait du monde. Délocalisation à outrance, chômage en hausse, montée des extrêmes au pouvoir, misère sociale, traité transatlantique, les riches devenant plus riche, les pauvres plus pauvres et les classes moyennes se débattant pour ne pas basculer.

Toutes les luttes n'y ont rien fait. Cela fait bien longtemps que nos gouvernements utilisent les principes stratégiques et systémiques. Ou comment mettre le développement de l'humain en équation pour que les gagnants soient toujours les mêmes.


Le Covid-19 est, lui aussi, un de ces symptômes pour lequel nous faisons du palliatif, tout le pays s'agite pour tenter de traiter les symptômes d'un système de soins à l'agonie.

C'est beau.

Touchant.

Émouvant.

Et rageant de voir toute l'énergie capable d'être déployée, ne pas l'avoir été avant qu'on est le nez dans la merde.


Et la encore, avec le Covid-19, nous parlons argent et l'état attendrait presque des remerciements de ne pas laisser les gens mourir de faim en leur envoyant quelques miettes d'un pactole qui n'a plus vraiment de valeur réelle. La planche à billets ne tardera pas à etre de nouveau actionner.

"Qu'on leur donne de la brioche!".

Oui, parce que lorsque nous pourrons sortir de chez nous, nous risquons fort de vous demandez des comptes.


L'humain est ainsi, corruptible et individualistes, d'autant plus lorsqu'il se sent en danger.

Nos gouvernements nous ont trahis. Profondément.

En systémie, pour modifier un système, il faut un système plus grand.

Nous n'avons pas les moyens de le faire.

En systémie, la seule chose que nous pouvons espérer aujourd'hui, c'est que des micro-systèmes se crée à l'intérieur du plus grand qui nous contrôle pour le modifier de l'intérieur.

N'espérons pas un retour à la normal.

Espérons plutôt que rien ne redevienne jamais comme avant.

Espérons plutôt que plus jamais nous ne laisserons mettre en équation notre capacité à rêver et à envisager un monde différent.

Pour nous.

Pour nos enfants.

Pour les générations à venir.


Parce que l'humain est aussi ainsi, capable de grandes choses et de grands bouleversements.

Ça n'est pas l'histoire qui me contredira.














 
 
 

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